Le Salon International de l’Agriculture de Paris (SIAP) constitue une vitrine stratégique pour le Cameroun, et la diaspora y joue un rôle de plus en plus structuré. Estimée à plus de 300 000 personnes en France, dont une part significative active dans les secteurs du commerce, de la logistique et de la communication, la diaspora facilite chaque année la présence d’une dizaine d’entreprises agroalimentaires camerounaises sur le pavillon. Selon les données des réseaux consulaires, près de 40 % des contacts business générés pendant le salon passent par des réseaux diasporiques.
Cette implication dépasse le simple appui logistique. La diaspora finance directement une partie des coûts de participation (estimés entre 15 000 et 25 000 € par exposant), participe à l’animation des stands, et assure un précieux travail de médiation culturelle et commerciale. D’après une étude récente de l’OCDE, les transferts de compétences et de connaissances opérés via ces réseaux augmentent de près de 30 % la visibilité des produits camerounais. Le cacao certifié, le café arabica, les épices et les fruits transformés bénéficient ainsi d’une crédibilité accrue auprès des importateurs et des consommateurs français.
En outre, la diaspora agit comme un relais d’influence, organisant des événements parallèles (dégustations, rencontres professionnelles) qui attirent plusieurs centaines de visiteurs supplémentaires. Ces efforts contribuent à positionner le Cameroun non seulement comme un fournisseur de matières premières, mais aussi comme un acteur de l’agro-transformation et de l’innovation durable. La participation, autrefois essentiellement portée par l’État, s’appuie désormais sur un écosystème dynamique où la diaspora est un levier incontournable de l’exportation et de la valorisation des filières agricoles nationales.